La pêche des carnassiers
   


Verticale : les bases

Le jeu de patience sous la coque va bientôt fêter ces 25 ans ! En devant sur Hourtin la technique championne du monde i y a quelques années, la verticale a depuis, largement dépassé les frontiéres hollandaises, et a permis d’attrapper un nombre incalculabe de sandres dans tout l’hexagone. Tous les jours de nouveaux verticaliers voient le jour, aussi serait-il bon de rappeler les règles basiques de la technique , mais ô combien importantes !

Sous le doux clapotis des vaguelettes notre bateau est poussé par un petit vent d’ouest et vient briser le reflet de la coque dans l’eau. Les yeux rivés sur le sondeur, je suis les cassures et petits plateaux qui défilent sur l’écran, tout en animant précisément mon leurre sous ma canne. La tête plombée vient régulièrement toucher le fond de façon très précise, nous retransmettant ainsi toutes les caractéristiques du fond jusque dans le poignet par l’intermédiaire de la tresse. Soudain, un toc, un éclair vient de toucher mon leurre et remonte instantanément dans mon bras. Par reflex je ferre et la raideur de la canne, couplée à la tresse, rendent le ferrage sûr. La pêche en verticale, une technique très efficace en dérive, a été inventée il y’a maintenant vingt-cinq ans en hollande par un petit groupe de pêcheurs passionnés, dont Bertus Rozemeijer et moi-même. Tout a commencé il y a maintenant trente ans au bord du lac Gooimer, à l’époque les sandres se capturaient en grand nombre à la dandine à l’aide de jig et autre jigging spoon. C’est seulement avec l’apparition des leurres souples que ce type de technique a peu à peu perdu de son intérêt.

KEZAKO ?


Tout d’abord qu’est-ce que la verticale ? Je dirais que c’est une technique de pêche dans laquelle le leurre et la tresse évoluent en formant un angle de 90 ° par rapport au fond grâce au seul poids de la tête plombée. Pour avoir une dérive parfaite il faut que le poids de la tête plombée soit assez lourd, et cela dépendra de la vitesse de dérive (en fonction de la vitesse du courant et du vent). Si le poids de celle-ci est trop faible, nous devrons donner plus de fil pour pouvoir sentir le fond, et nous perdrons ainsi en sensations car la longueur de bannière sera plus importante et non plus à l’aplomb du bateau, mais en diagonale.

Un œil exercé nous permettra de rapidement voir quel poids de tête plombée est le bon. Voici ma règle d’or (pour une utilisation de tresse de 8 à 12 centième maximum) :

-  jusqu’à 5 mètres de fond avec peu de vent et de courant le poids idéal est 15 gr.

-  de 5 mètres à 10 mètres de fond dans des conditions climatiques calmes le poids idéal est de 20gr.

-  au-delà de 10 mètres de fond il faudra passer à 25gr.

Si les conditions climatiques se dégradent (vent, vitesse du courant) je rajoute à chaque fois 5 grammes au poids ci-dessus. Pour exemple au lieu d’utiliser un tête plombée de 15gr dans 5 mètres de fond, quand le vent est fort je passe alors sur un montage avec une tête plombée de 20gr. Vous pourrez ainsi choisir vous-même quel plombage vous convient le mieux et il n’y a pas de limite à la règle, mais il ne faut pas oublier que plus vous utiliserez des têtes plombées lourdes et moins vous sentirez les touches. Celui qui veut se lancer dans la pêche en verticale aura besoin d’utiliser le matériel adapté et ça commence par le bateau. En principe on peut pêcher en verticale depuis n’importe quel bateau, du moment qu’on arrive à se déplacer de façon contrôlée avec celui-ci. Un bon pêcheur en verticale doit être capable de maintenir son bateau au centimètre près sur un point précis en contrôlant parfaitementsa dérive. Pour se faire, l’idéal est un moteur électrique à variateur. Dans les conditions les plus dures (vents forts et courant important) même le moteur électrique le plus puissant ne suffit pas, il faudra alors utiliser son moteur thermique pour freiner les dérives et ainsi pouvoir garder contact avec la ligne. Une ancre flottante permettra néanmoins de soulager le moteur mais pas de le remplacer. Avoir un bon contrôle de son bateau en pêche verticale c’est déjà 50 % du travail. Ce qui importe le plus maintenant c’est de trouver les zones de tenue du poisson. Or, il n’y a rien de mieux qu’un bon sondeur. Il vous permettra de voir toutes les caractéristiques du fond, la profondeur mais aussi la position des poissons. Une bonne image du fond et des structures est bien plus importante que des détections de poissons en pleine eau. Par rapport à la nature du fond, nous pourrons ainsi nous déplacer le long de celui-ci en suivant les cassures, de préférence du moins profond vers le fond. Il sera plus simple de suivre une cassure dans ce sens sans perdre le contact de sa ligne en tirant légèrement sur son frein de moulinet spinning. Vous pouvez aussi utiliser l’anti retour du moulinet pour rendre un peu de fil, ou débrayer rapidement votre moulinet casting pour rendre un peu de fil. Nous arrivons déjà à la partie matériel et comme vous avez pu le voir on peut très bien pêcher en verticale avec un moulinet spinning tout comme avec un moulinet casting. Sur le moulinet on y mettra de la tresse de 8 à 12 centièmes, rarement plus car au-delà de ce diamètre la tresse offrira trop de portance et il vous sera difficile de tenir l’aplomb.

ELLE DEVRA ÊTRE DURE ET RAPIDE, LA CANNE  !

Une bonne canne verticale ne dois pas excéder 2,10m de long et devra être bien équilibrée avec une bonne prise en mains permettant ainsi de la tenir pendant de longues heures sans interruption. Qui pense leurre souple, pense forcement à un leurre en plastique frétillant avec une queue en forme de marteau. De la forme et la taille de la caudale, dépendra l’action du leurre qui vibrera plus ou moins. Leur caractéristique première est de réagir à la moindre traction, que ce soit dans la phase de descente ou à la remontée. Au contraire, les leurres en forme de vers type worm pour le bass n’auront aucune réaction à la traction et seront bien plus péchant en pêche statique car seul un mouvement vertical leur donnera un mouvement. Montés sur une tète plombée ronde ou stand up, armés avec un hameçon chance, ces leurres seront parfaits pour la pêche verticale. Lorsque le leurre touche le fond, je remonte légèrement celui-ci grâce au scion de la canne et j’attends un petit instant que le fil revienne à l’aplomb de la canne avant d’accompagner le leurre doucement vers le fond. Je répète ainsi se mouvement constamment en y additionnant de temps en temps non pas de grands coups de scion mais de petit à-coups à l’aide du poignet.

TOUTE L’ANIMEE

a verticale est passée du stade de « technique pour pêcher le sandre en hiver » à une véritable technique permettant de pêcher toute l’année et toutes sortes de poissons. Selon la saison, il y aura quelques subtilités : en effet en été on aura plutôt tendance à animer plus son leurre et de manière plus agressive alors qu’en hiver on aura une animation plus douce et plus statique. En hiver, moins vous animerez votre leurre et plus vous prendrez de poissons et bien souvent des plus gros.
En verticale, le scion de la canne devra toujours pointer la surface de l’eau et la distance entre l’eau et la pointe ne devra pas être trop grande, environ 30 centimètres. Une largeur de main minimum, diront les uns bien moins diront les autres, mais quelle est en réalité la bonne distance à respecter entre le fond et leurre en verticale ? La bonne hauteur dépendra de l’activité du poisson et encore une ois celle-ci sera influencée par les conditions météo. Cependant, il est très important de changer régulièrement d’animation car la monotonie est le début de la fin. A propos de pause, elle est devenue ces derniers temps la clé de la réussite. On a pu voir que les sandres et les perches se sentent irrésistiblement attirés par un leurre évoluant quasiment inerte près du fond. Ils peuvent l’observer pendant de longues minutes et même l’aspirer posé sur le fond.

QUELQUES TRUCS POUR BIEN RÉUSSIR EN VERTICALE

Les cannes doivent être absolument une canne type verticale (peu importe qu’elle soit mono brin ou en plusieurs brins, mais courte : 2,10m maximum). L’avantage des cannes verticales est qu’elles sont rapides, raisonnantes et bien équilibrées pour une bonne tenue en main. Seules les cannes marquées verticale sont réellement des cannes destinées à la pêche en verticale. Le moulinet devra être plutôt petit avec un anti retour précis pour éviter tout petit claquement qui pourrais parasiter les sensations et en verticale c’est très important.La pêche en verticale est un jeu de concentration dans lequel la moindre sensation doit être sanctionnée par un ferrage énergique. L’animation se fait par un petit mouvement du poignet (pas du yoyo), nous ne péchons pas la morue : les mouvement doivent être très doux et avec peu d’amplitude pour rester près du fond, un vrai jeu de concentration. En été les animations seront plus énergiques et plus amples, jusqu’à un mètre d’amplitude, on parlera alors de speedjigging ou de pêche en diagonale et dans ce cas de figure le vent et le courant ne seront plus notre ennemi mais notre allié. En été les poissons sont dispatchés un peu partout, pour éviter de perdre trop de temps pour les trouver nous allons donc effectuer des dérives plus rapides. En hiver, lorsque les eaux sont froides, les poissons sont moins actifs et ils se regroupent alors en profondeur, il va maintenant falloir s’appliquer pour la présentation. » Le moins peut alors le plus » : on va décoller son leurre du fond de 10 à 30 cm, le maintenir ainsi un temps sans bouger avant de l’accompagner doucement vers le fond. Souvent les touches interviennent lors de la pause alors que le leurre est complètement inerte. Dans certains cas il faudra tout de même animer très légèrement son leurre avec de micro-animations (presque un tremblement) mais en général plus on anime son leurre et moins on fait de poissons. Pour la pêche en verticale, les leurres idéaux sont des leurres de forme longue avec un petit paddle voir pas de paddle du tout et si ils ont également un dos plat, ils sont parfais. Lorsqu’on pêche verticale (depuis un bateau, un ponton ou un mur) on tient son leurre à l’aplomb en lui imprimant des mouvements verticaux, l’appui de l’eau sur le dos du leurre va alors le faire vibrer et c’est pour cela que les leurres au dos plat sont plus péchants. Plus le dos est large et plat et plus il offrira une résistance à l’eau, un shad en contrepartie ne vibre que très peu lorsqu’on l’anime de façon verticale. Ces leurres seront plutôt efficaces dans des pêches en linéaire, en lancé-ramené et c’est pourquoi ma préférence va vers les leurres avec une queue en forme de V ou avec une queue longue et fine sans aucune caudale. Quand les eaux sont froides je préfère pêcher avec des tailles de leurres allant de 10 à 18 cm alors qu’en été je réduis à des tailles allant de 7 à 12 cm. Mes leurres étant toujours fin et peu volumineux, même un leurre de 18 cm n’apparait pas très gros. Concernant les couleurs, la technique n’a pas d’importance, en verticale comme dans les autres pêches, j’utilise des coloris voyants en eau trouble et des coloris naturels en eaux claires. En hiver, les eaux étant souvent claires, je préfère pêcher avec des coloris marrons pailleté noir (dans les teintes cola, Appleseed), ils sont des véritables tueurs surtout dans les eaux peuplées de grémilles et d’écrevisses. Je pêche aussi souvent avec des coloris transparents (sait n’ pepper) ou noirs pailleté argent. J’utilise en général des têtes plombées type stand up et je réserve les formes rondes pour des fonds durs et sans obstacles. Celui qui comprend comment animer son leurre de façon la plus naturelle qui soit saura pêcher dans toutes les situations. Ah ! oui : y a-t-il une profondeur minimale pour la pêche en verticale ? Non, il n’y pas a de profondeur minimale à respecter, et on pourra même pêcher verticale dans un mètre d’eau à condition que l’eau soit assez teintée pour ne pas se faire voir parle poisson. Il faudra cependant veiller à régler son frein et utiliser une canne verticale moins puissante pour éviter les décrochages. Tout est possible à la pêche et tout est affaire de... pêcheur



Texte et photos : Predators


 
 
 
 
 
Sondage
 
Quel est votre carnassier préféré?
Black-bass
Silure
Sandre
Perche
Brochet



 
Les salons
 

Salon européne des pêches en mer

Salon pêche sportive et nature

 
Sites partenaires
 








 
Zoom produit
 

 

Acast Minnow 125SL SEBILE

 

 
Presse halieutique